1851 — il y avait 47% de salariés

2024 — il y a plus de 90% de salariés en France (source INSEE).

2027 — 50.9% de la force de travail active aux US sera indépendante (source Statista). La France et le reste suivront.

La révolution industrielle a changé le monde du travail pendant 150 ans. Ce cycle arrive à sa fin et le peuple reprend son indépendance :

Le salariat est « cassé », il va mourir.

Je m’en suis vite rendu compte :

Septembre 2015 — première (et seule) expérience dans une grosse boîte, mon boss est viré au bout de quelques semaines.

C’était mon maître de stage de fin d’étude, je perds mon assurance maladie au Québec…

Mars 2017 — je démissionne pour être 100% freelance et nomade digital (avec un aller simple pour Bangkok).

Été 2017 — mes anciens collègues sont licenciés et leur travail outsourcé.

Le salariat est cassé.

Soyons honnête. 

Le scénario idéal est devenu LOIN d’être idéal : bonnes notes, bonnes études, bon boulot, promotions. crédit immobilier, la promesse de la retraite au soleil…

Est-ce que c’est encore réaliste ? Ça te fait rêver ? Est-ce que la vie de ton N+2 te fait vraiment envie ?

Les burnouts à répétition sont devenus la norme : la France en est même championne d’Europe !

Le COVID a révélé un manque de confiance des entreprises envers leurs employés avec le télétravail, donné puis volé.

Si le salariat est cassé, pourquoi est-ce qu’il est encore si répandu ?

Et si tu veux voir une version vidéo de cet article, c’est possible par ici : 

 

Le système entier a été construit sur le salariat

  • Les cours d’écoles où on nous « sonne » à 8h, puis pour les pauses et enfin la libération de 16h30
  • les études où la hiérarchie sociale est encore marquée et qui ne parlent QUE du salariat comme option
  • travailler et recevoir un salaire tous les mois garantit une rente régulière à l’État via vos impôts toute votre vie
  • pour des augmentations de 10% au max et à subir les lubies d’un boss
  • obtenir un crédit immobilier pour la promesse d’être « bien » dans 20 ans. Histoire d’être encore plus lié à son emploi
  • avec la promesse d’une retraite que ma génération ne connaîtra probablement pas en France

Comme le dit Nigel Marsh : “Souvent, les gens travaillent de longues heures dans des jobs qu’ils détestent, pour gagner de l’argent afin d’acheter des choses dont ils n’ont pas besoin, pour impressionner des gens qu’ils n’aiment pas”

En échange ?

Un salaire qui permet d’oublier, même un peu. De s’offrir des plaisirs éphémères : un bon resto, un nouvel iPhone, un voyage.

Un salaire qui agit comme un doliprane pour adoucir les symptômes sans jamais guérir le problème de fond.

Un weekend et 5 semaines de vacances pour récupérer, souffler un peu et dépenser son argent ?

C’est confortable… et c’est bien le problème

Se contenter d’une vie confortable est le plus gros risque que l’on peut prendre.

C’est survivre, plutôt que vivre.

C’est prendre le risque de ne jamais vraiment être heureux. Et ce n’est pas un nouveau concept.

Benjamin Franklin disait : « Celui qui sacrifie sa liberté au profit de sa sécurité, ne mérite ni l’un ni l’autre »

Bref, ce n’est pas en ayant une carrière classique, qu’on a une vie exceptionnelle.

(si tu es une exception, profites-en et bravo à toi, tu le mérites)

Surtout une carrière que l’on n’a pas vraiment choisie. Une carrière qui parait « logique » et la meilleure selon nos aspirations.

Sur notre lit de mort : serons-nous à l’aise avec le fait de ne pas nous être écoutés et avoir suivi la masse ?

Tout ça à cause de la peur du regard des autres et de l’échec…

Avons-nous vraiment choisi d’être là ? Ou nous a t’ont menti sur le rêve salarié ?

Pour moi, la réponse était NON : le salariat est cassé et va mourir.

 

OK, alors quelles sont les alternatives ?

Déjà, ne quitte surtout pas ton boulot si tu en as un.

(ça parait évident, mais vu les messages que je reçois je me dois de le rappeler)

Mais pas non plus besoin d’attendre un burnout pour amorcer un changement progressif.

Le but : reprendre le contrôle de son activité pro et diversifier ses revenus pour devenir… indépendant.

Concrètement, explorer les options et tester des choses pendant que tu es employé.

Oui, ça va demander des efforts. Oui, tu vas devoir dire non à des « On va boire un coup ? » ou « Go weekend dans la maison de mes parents dans le Sud? ».

Et travailler (au début) certaines soirées et parties de weekends. 

Il faut faire quelque chose que presque personne n’a le courage de faire. Il faut privilégier ton bonheur futur à ta satisfaction instantanée (pendant 6 à 12 mois en moyenne).

Rome ne s’est pas faite en 1 jour. 

Petite citation pour remettre en contexte :

If you are not willing to risk the unusual, you will have to settle for the ordinary. — Jim Rohn

 

Les 6 options pour reprendre le contrôle

  1. Changer de boulot ou d’entreprise : c’est logique. Mais, passé les 6 mois de « nouveau », la routine et la lassitude reviennent. C’est un cycle infini, une fausse bonne idée.
  2. Boulot remote ou plusieurs mi-temps : pourquoi pas ? Ça débloque la liberté géographique ici et « reste dans le système ». Mais, tu dépends d’un employeur. Ta liberté est limitée et tes revenus, bridés.
  3. Le MLM ou marketing de réseau ? LOL
  4. Le Dropshipping : c’était réaliste, mais il y a 10 ans quand recommandé par Tim Ferriss. J’ai en ai même fait en 2015. Aujourd’hui, les chances de succès pour un débutant sont très faibles et c’est devenu un fléau sur Youtube.
  5. Monter une startup : après plusieurs tentatives, c’est possible. Mais ça demande des compétences pointues et de l’argent. C’est aussi plus dur de lever des fonds en 2024 qu’en 2014.
  6. Freelance ou consulting : démarrage immédiat, flexible, car on peut commencer à l’heure
    Si tu as des compétences digitales, tu peux vendre tes services à des entreprises. [il suffit d’apprendre à te vendre].


Et si tu penses ne pas avoir de compétences digitales, il existe des façons de te lancer en apprenant sur le tas. C’est ce que j’ai fait il y a 11 ans, en étant étudiant.

Vois ça comme un side-project à mener à côté de ton emploi actuel. Je dis souvent qu’en tant qu’indépendant, on ne brûle pas de ponts, on en construit.

Par exemple, ton employeur actuel pourrait devenir ton premier client Freelance (c’est courant). Ou, un boulot à mi-temps te laisserait le temps de trouver d’autres clients, tout en te donnant de la sécurité.

 

4 questions pour savoir si tu es sur la bonne voie ou s’il est temps de préparer ton plan de sortie

1. La vie des personnes 10 ou 20 ans plus avancés que toi t’inspire ou te fait vraiment envie ?

2. Que fais-tu de ta petite voix ? Est-ce que tu l’écoutes ou la fais se taire ?

3. Si c’était le dernier jour de ta vie, ferais-tu ce que tu t’apprêtes à faire aujourd’hui ?

Steve Jobs — « Chaque matin, je me regarde dans le miroir. Je me demande : « Si c’était mon dernier jour, voudrais-je faire ce que j’ai prévu aujourd’hui ? » Si la réponse est « NON » pendant plusieurs jours de suite, je sais que je dois changer …

4. Demande-toi simplement : Pourquoi est-ce que tu t’es réveillé ce matin ?

La réponse devrait être assez claire.

 

6 étapes pour ta transition d’indépendant 

Maintenant, voici les 6 grandes étapes pour démarrer ta transition : 

  1. La réalisation du besoin de changement : ta réponse aux 4 questions ci-dessus devrait être claire. Si elle ne l’est pas, je te recommande de lire la semaine de 4 heures.
  2. Introspection : pour lancer un projet à son image, il faut se connaître. Il faut faire un état des lieux. Que veux-tu dans ton activité (IKIGAI) ? Ou, qu’est-ce que tu ne veux absolument pas (Anti-IKIGAI) ?
    Pour cette étape, ton temps est limité. Ta motivation est naissante et la pression de ton entourage de rester dans le système est forte. Il est judicieux de se faire accompagner, d’accéder à une méthode étape par étape et une communauté d’indépendants. C’est pour ça que j’ai créé le programme Freemote, suivi par plus de 600 ex-salariés depuis 2019.
  3. Stratégisation et organisation : fixe des objectifs réalistes, un plan, des clients idéaux, ton offre, tes tarifs, et des points à valider dans ton contrat. Surtout, définis tes actions quotidiennes à mettre en place. C’est ici que beaucoup abandonnent alors que bien partis. Le plus important à cette étape est d’être sur le terrain rapidement pour avoir du feedback.
  4. Teste ton activité jusqu’à trouver de la « traction ». Tu es sur le terrain tous les jours. Tu as des premiers appels de prospects, et des tests. Tu apprends ce qui fonctionne ou non. Et il existe des façons de tester ton activité freelance en sous-marin sans que ton employeur le sache.

    Cette étape se termine quand tu arrives à trouver des clients à un tarif d’au moins 20 € de l’heure. Ce qui, en équivalent de 25h de travail par semaine, te paie 2000 € par mois. C’est le moment de quitter le salariat et passer 100% à ton compte.
  5. Transition idéale : on ne « pose pas sa dem » comme ça, il y a des stratégies pour limiter les risques et maximiser le potentiel. Idéalement, tu as possibilité de signer ton employeur comme premier client Freelance.
    Si c’est impossible, tu peux faire une rupture conventionnelle en France. Cela te permettra de toucher des allocations tout en commençant ton activité. Le cumul avec du portage peut être hyper intéressant au début.
  6. Le lifestyle : c’est toi qui décides ! As-tu, comme moi en 2017, l’envie de découvrir le monde en tant que digital nomad, en travaillant sur ton ordi ? Ou alors être là pour tes enfants ? Un mix des 2 ? Maintenant, tu as le choix.

Voilà un plan de match honnête. Le facteur déterminant va être si tu passes à l’action ou non. Et donc si tu te  libères du temps pour pouvoir lancer ton activité.

Mon conseil là-dessus est simple :

  • Bloque-toi 1h par jour dans ton calendrier pour lancer ton activité.
  • Le matin avant le travail (idéal), le midi ou le soir
  • Idéalement une demi-journée le weekend aussi
  • Et fais un pacte avec toi-même de ne jamais supprimer un créneau. Tu peux le déplacer, mais jamais le supprimer.

La balle est dans ton camp.

 

— Ambroise Debret